Pour que la nature et les humains comptent

Comptes d’Humanité : une fresque de la comptabilité pour organiser les transitions écologiques et sociales

L’idée de la Fresque de la comptabilité est née fin 2023 de la volonté de disposer d’un outil de sensibilisation ludique aux enjeux de la comptabilité, de proposer une traduction des recherches de la chaire et de concevoir un nouveau point d’entrée dans la comptabilité écologique C.A.R.E. pour élargir les publics cibles.

L’atelier, développé durant l’année 2024 par Clément Boyer et Yves Perret, est présenté au Colloque de Cerisy « Philosophies comptables, pour recomposer un monde écologique » et lancé officiellement en octobre 2025.

Inspiré de la pédagogie de la Fresque du Climat, La Fresque de la Comptabilité est un atelier pédagogique ludique et collaboratif qui vise à diffuser un langage commun sur la comptabilité et sur les enjeux de sa transformation. Il propose de changer de regard sur la comptabilité, souvent perçue comme un sujet technique et rébarbatif.

La grande diversité de systèmes comptables présentées sur les cartes et le graphisme visent à susciter curiosité et émerveillement.  Il vise aussi à éclairer les liensentre comptabilité et sciences humaines et sociales.

Les pratiques et systèmes comptables sont historiquement situées. Plus qu’un simple système, la comptabilité financière dessine un réseau qui mêle acteurs, normes, conventions, pratiques, professions…Face aux défis écologiques actuels, l’atelier met en lumière les limites des comptabilités actuelles et des pistes de transformations possibles. Enfin, il permet d’identifier des leviers concrets d’action et de changement.

À l’heure où les dégâts des activités économiques sur la planète sont bien documentés, nous pensons qu’il est aujourd’hui nécessaire de discuter concrètement des leviers et freins à la transformation d’un de ses rouages fondamentaux : la comptabilité.

Grâce à 73 cartes illustrées, la Fresque de la Comptabilité, propose à 4 à 8 participants d’acquérir, en 2 ou 3 heures, des connaissances fondamentales sur la comptabilité – de son histoire à son fonctionnement actuel, de comprendre les enjeux comptables du défi écologique et d’ouvrir une discussion sur les actions à mener pour engager une transformation écologique de la comptabilité et contribuer à une société plus soutenable.

La première phase propose une plongée historique dans la diversité des systèmes comptables et des organisations sociales qui les ont vu naitre, afin de redéfinir la comptabilité comme « une pratique sociale située réalisant quatre fonctions comptables (prendre en compte, rendre compte, compter, être comptable) pour répondre aux défis de l’action collective organisée ».

La deuxième phase vise à comprendre le fonctionnement des systèmes comptables financiers actuels en analysant les relations entre “actants” du réseau de la comptabilité, au cœur de la production, de l’utilisation et de la régulation de l’information comptable. Elle met en évidence la focalisation de ce système comptable sur la préservation, la rentabilité et la valorisation du seul capital financier, au détriment des dimensions extra-financières rejetées en marge du système. Elle introduit enfin la possibilité de transformer la comptabilité pour prendre en compte des capitaux extra-financiers. 

La troisième phase met en lumière huit enjeux de l’intégration des capitaux non-financiers dans la comptabilité, et les huit pistes de transformation des systèmes comptables portés par le modèle C.A.R.E. Ces pistes illustrées par des exemples sur le capital sol, correspondent aux huit phases de la méthodologie et permettent de « reconstruire » collectivement la méthodologie, avant de montrer un exemple de comptes C.A.R.E. La quatrième phase enfin, vise à discuter les modalités d’action et de transformation concrètes afin d’encourager le passage à l’action. Les participants sont invités à proposer trois leviers à court, moyen et long terme (1 an, 3 ans et 10 ans) pour agir sur le réseau tracé à la phase 2.

Cet atelier diffusé en licence Creative Commons par le CERCES, selon les principes posés par la Fresque du Climat, a touché en juin 2026 près de 400 personnes, et 50 personnes ont été formé à l’animation.